Alors profitez en…
Isabel, Consultante Cognitio
J’ai croisé dans mon expérience de recruteur, un candidat charmant, dynamique, enthousiaste dont le CV collait tout à fait à mes critères de recherche. Le garçon s’appelait Antoine, diplômé de l’Université d’Oxford, dix ans d'expérience commerciale à l'international pour un équipementier et cinq ans auparavant, commercial dans une concession automobile … Je le rencontre un jeudi, sa force de persuasion et la sympathie de son personnage m’enthousiasment. Mon client, pressé de pourvoir son poste, veut le voir dans la semaine. C'est le coup de foudre ! Le discours d'Antoine plaît. Sa vision de l'entreprise est pertinente. Le client veut se décider très vite. Nous avons l'habitude de prendre des références mais le candidat s'y oppose car il est en poste. J'enclenche la validation des diplômes sauf qu'en Angleterre, l’Université ne divulgue pas les noms des diplômés. La demande doit être faite par la personne concernée et c’est très long. Antoine, toujours en poste, pris par ses réunions et ses obligations, ne répond pas à mes demandes. Il ne me présentera jamais son diplôme. Le client ne veut pas attendre. Son besoin est urgent et il a confiance. Antoine est recruté très vite et je lâche prise, prête à faire confiance aussi.
Le premier mois se passe bien. « Enfin un responsable à la hauteur ! », disent les équipes. Le deuxième mois, des étonnements se font sentir, des doutes sur son comportement et sur ses compétences. On sent un vrai flottement dans l’esprit du client… Antoine se disperse et ne construit rien. Et là, je décide de faire ce que je n’avais pas pu faire auparavant : j’appelle l'entreprise qu'il vient de quitter et le DRH, tout à fait coopératif, cherche activement cet Antoine, censé avoir juste démissionné de son poste : personne sous ce nom là dans les listing du personnel. L’inquiétude me sert la gorge ! Je remonte dix années en arrière : pas d'Antoine dans les souvenirs de la concession… c’est évident, nous avons affaire à un imposteur ! Je préviens immédiatement l’entreprise. Mis au pied du mur, Antoine s'explique. Il n’a jamais été commercial. C'est un touche à tout séducteur et brillant, qui ne trouve pas de travail et décide de monter de toute pièce un CV avec une belle histoire pour l’accompagner. Sa période d’essai a été interrompue sur-le-champ et j’ai perdu mon client ! Antoine n’a pas été poursuivi parce qu’il n’est pas interdit de mentir sur un CV …
J’ai compris ce jour là que la pression du besoin ou les freins d'un candidat ne devaient en aucun cas s'opposer à la vérification d'un parcours professionnel et que celle-ci devait être une condition sine qua non à toute embauche.
L’histoire suivante est courte mais instructive !
Evidemment, il fallait oser...
Un candidat en entretien de sélection me donne, à ma demande, le nom et le numéro de téléphone de son ancien hiérarchique. Je l’en remercie en lui demandant son accord pour appeler cette personne rapidement :
« Vous pouvez le faire, il n’y a aucun problème, je sais ce qu’il dira sur moi.
— Ah bon ? Et comment le savez-vous ?
— Parce que j’ai fait appeler un ami qui s’est fait passer pour une entreprise. Il ne dit que du bien sur moi ! »
Ainsi, chez Cognitio, quand nous prenons des références, c’est sur rendez-vous téléphonique après avoir expliqué l’objet de l’appel, présenté la société, donné nos coordonnées et nos propres références pour que l’on puisse nous identifier.
Tout ceci prend du temps mais nous sommes là pour cela.